SuzieMorris

Suzie Morris (nom fictif) a déjà consacré 7 ans de sa vie à l’armée américaine.

(LAFAYETTE, LA) Suzie Morris* est en vacances, mais l’esprit de cette soldate de l’armée américaine reste troublé. Son visage aux traits fins se crispe lorsqu’elle explique pourquoi.

“Je ne suis pas supposée être ici, je n’ai pas demandé de permission à mes supérieurs.”

À plusieurs reprises, elle se demande à haute voix si quelqu’un d’autre l’écoute. Elle tient à garder son anonymat, car ses convictions sont toutes sauf patriotiques.

La jeune femme de 25 ans est au service de l’armée depuis 7 ans. Originaire de Baltimore, elle a un fils de 9 mois qui souffre d’une dysplasie de la hanche. Les traitements pourraient coûter jusqu’à 100 000 dollars. C’est d’ailleurs l’argent qui l’a initialement poussé à s’enrôler à l’âge de 18 ans.

“Je donne 8 ans de ma vie à l’armée pour payer mes dettes et mes études par la suite”, avoue-t-elle.

Suzie Morris questionne également les décisions de l’état-major américain. Selon elle, une majorité de soldats ne sont pas d’accord avec le rôle de police internationale que son pays s’est attribué.

“La plupart d’entre nous avons un esprit ouvert”, assure-t-elle. Suzie Morris jette un regard autour d’elle avant de poursuivre. “Nous intervenons à l’étranger seulement en fonction de nos intérêts, notamment pour le pétrole. Je ne peux croire que nous n’intervenons pas en Syrie, c’est un vrai génocide là-bas”.

Aucun espoir en le système

Dans cette période d’instabilité économique et avec l’élection américaine en toile de fond, elle ne cache pas son penchant pour le Tea Party.

À son avis, les libertés individuelles sont en danger à chaque fois que le gouvernement intervient. Elle cite entre autres le Patriot Act, qui donne plus de pouvoir aux agences gouvernementales qui désirent surveiller les citoyens depuis le 11 septembre 2001. S’il faut en croire la jeune Américaine, la situation ne va pas s’améliorer, au contraire.

“Quelque chose de grave va se produire un jour, prédit-elle. Il y a beaucoup de mécontentement.”

À court d’option valable dans un système bipartite, Suzie Morris ne votera pas le 6 novembre.

“Je refuse d’encourager un système brisé, soutient la soldate. Ce n’est pas un vote majoritaire, c’est le collège électoral qui décide de tout. Pourquoi devoir choisir entre le moins pire de deux démons?”

*nom fictif

 

 

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