Dans une salle d’attente d’une clinique de Montréal, des gens attendent patiemment qu’on les appelle. La scène est inhabituelle pour eux puisqu’ici, personne ne possède de carte d’assurance maladie. Nous sommes chez Médecins du Monde, une clinique qui prodigue certains soins de santé gratuits à des migrants au statut précaire.

Parmi les patients de cet après-midi de mars, il y a Braulio. D’origine mexicaine, Braulio est sans-papiers et vit en marge de la société depuis plusieurs années. Il est venu à la clinique pour des douleurs aux reins et il a rencontré une travailleuse sociale, puis une infirmière.

Heureusement, son problème était mineur et les professionnels bénévoles de Médecins du Monde ont pu le traiter. Une visite dans une clinique « régulière » ou dans un hôpital lui aurait potentiellement coûté plusieurs centaines de dollars et cette perspective pesait lourd sur ses épaules.

« Je pense beaucoup à ma santé, raconte-t-il. Parfois, je me pose la question : “Si je tombe malade, comment je peux aller à l’hôpital ou aller chez le médecin?’’ Quand je regarde dans ma poche, j’ai 100 $ ou 150 $, ça me sert à rien pour aller chez le médecin. »

(…)

Dans une autre salle de la clinique Médecins du Monde, Inès rencontre une infirmière pour la première fois depuis qu’elle est tombée enceinte il y a presque 14 semaines. La jeune Française d’origine tunisienne vit un moment unique. Elle entend pour la première fois les battements du coeur du bébé qu’elle porte.

Jusqu’à 13 semaines, j’avais rien fait, ni d’échographie ni quoi que ce soit. Ça m’a beaucoup rassurée, parce que j’ai su que le bébé allait bien et j’étais très émue. – Inès

Il y a un peu plus de six mois, Inès est venue rejoindre son mari à Montréal grâce à un visa de visiteur. Également d’origine tunisienne, David est venu étudier au Québec il y a quelques années et il est sur le point de recevoir sa carte de résidence permanente. Le couple veut par la suite présenter une demande de parrainage, puisque le visa d’Inès vient d’expirer et qu’elle est dorénavant sans statut.

Entre temps, Inès n’a pas accès à une couverture médicale et elle ne veut pas prendre le risque de repartir en France avant d’accoucher, puisqu’elle n’est pas certaine de pouvoir remettre les pieds au Canada.

Pour lire le reportage dans son entièreté, cliquez sur ce lien.

Advertisements